Stop à la bétonisation de Nanterre !

Nous assistons depuis des années, impuissants, à la démolition acharnée de larges pans du bâti historique de la ville, à la destruction de trop nombreux espaces de biodiversité que les nouveaux espaces verts réalisés ou annoncés ne sauraient compenser, à l’imperméabilisation des sols… Au profit d’une urbanisation d’une densité aussi excessive que dépassée.

Dernier exemple en date, le projet « cœur de quartier » à Nanterre Université, récemment finalisé, révélé dans toute son horreur… Les responsables du désastre, qui se targuent récemment d’avoir « créé » 6 hectares d’espaces verts… sur les 124 hectares de la ZAC Seine Arche -les 650 hectares de l’OIN !- ne souhaitent pourtant pas s’arrêter en si bon chemin. 

À l’heure de l’urgence écologique, alors que depuis trente ans les grands axes routiers sont bannis unanimement par tous les urbanistes, il est question de construire un nouveau boulevard qui relierait le quartier de la Défense au futur « Arboretum » (sic !) -126 000m2 de bureaux-, et à l’échangeur A14/A86/N186 -200 000 voitures/jour-. 

Ce boulevard signe la destruction quasi totale du lieu-dit « Le Champ de la Garde », un délaissé de près de quatre hectares ressuscité depuis onze ans par la Ferme du Bonheur et un nombre incroyable de volontaires (bénévoles du Dimanche, volontaires internationaux du réseau Wwoofing, employés de grandes entreprises dans le cadre de journées RSE, structures d’aide sociale, stagiaires, élèves de petites et grandes écoles…), avec l’aide d’un panel d’institutions scientifiques d’envergure internationale préoccupées des pollutions des sols urbains et enthousiasmées par les pratiques qui s’y développent, agricoles, poétiques, sociales, pédagogiques, autant que « traditionnelles », intuitives, spontanées, et… efficaces ! 

Le paysage extraordinaire qui y est né, façonné jour après jour par des femmes et des hommes de partout et de toujours, rassérénant et ravissant… Un paysage rural, îlot de fraîcheur l’été et havre de paix pour des espèces protégées (mantes religieuses, hérissons…). Ce paysage est destiné à être détruit. 

Dans le quartier du Chemin de l’Île, c’est le Jardin des Acacias, présenté sur le site de la Mairie comme un « réservoir de biodiversité en plein cœur de la ville », lauréat du Trophée du Paysage décerné en 1991 par le Ministère de l’Equipement et le Ministère de l’Environnement, qu’on prévoit d’amputer de près de moitié au profit d’un projet immobilier. 

Il est temps de mettre un point d’arrêt à ces projets inutiles, coûteux et surtout néfastes! 

Nous exigeons : 
* Un moratoire immédiat à la construction de grands ensembles à vocation tertiaire, alors que les transports en commun ne permettent plus à leurs employés d’y accéder dans des conditions décentes. 
* La préservation, dans leur totalité, des espaces verts en danger. En premier lieu le Champ de la Garde, mais aussi le jardin des acacias. 
* La réalisation sincère -c’est à dire qui ne se contenterait pas de bandes de gazon enchâssées dans le béton- de la coulée verte inscrite de longue date au Schéma Directeur de la Région Île de France !